Blason de Champagnac-la-Rivière (F 87)

Chapelle de La Boissenie

RÉHABILITATION ET DÉCOUVERTE RÉALISÉES PAR L’ASSOCIATION «SUR LES CHEMINS DE CHAMPAGNAC»

POURQUOI CE PROJET ?

Les habitants du village de la Boissonnie ont habilité l’association « sur les chemins de Champagnac » (association de randonnée et de valorisation des chemins ruraux) pour présenter et défendre un dossier de restauration au nom de la conservation du petit patrimoine rural non inscrit qui constitue l’un des éléments essentiels de nos racines culturelles et de l’histoire de chacune des familles du village.

Un dossier de demande de subventions a donc été constitué après consultation des élus et des habitants du village afin d’entreprendre la restauration de la chapelle votive rurale Saint Roch édifiée à la Boissonnie au XVIII° siècle.

POURQUOI CETTE CHAPELLE ?

Après l’ouverture de trois boucles balisées et entretenues par l’association « sur les chemins de Champagnac », le projet de tracé de la quatrième boucle prévue dans l’année sera axé en particulier sur le thème de l’eau.

Son parcours aura pour fil conducteur de nombreux sites de milieu humide, marécageux, tourbeux ou aquatique.

Cette diversité confère un intérêt particulier à la promenade. Au village de la Boissonnie, situé sur la quatrième boucle, il existe une fontaine dédiée à Saint Roch associé à une chapelle du XVIII° siècle qui est également consacrée à ce même saint que l’on venait y prier afin de faire venir la pluie les année de sécheresse.

La chapelle partiellement ruinée mérite une réhabilitation, car elle est un élément majeur de la mémoire collective du village.

Extrait du livre «LE GUIDE DES RICHESSES ARTISTIQUES  de la Haute-Vienne» de Daniel ARNAUD, paru aux éditions «Lucien Souny» :

Inventaire des CHAPELLES   

CHAMPAGNAC LA RIVIERE

La Boissonnie : Chapelle XVIII° siècle Saint-Roch, en ruine.

La chapelle St-Roch de la Boissonnie est inventoriée dans le guide des richesses artistiques architecturales de la Haute-Vienne.

LA CHAPELLE SAINT-ROCH DE « LA BOISSONNIE » :

La chapelle de la Boissonnie semble être édifiée au milieu du XVIII° siècle, le linteau de la porte étant daté de 1752.

Les châtelains de Brie firent don de la parcelle aux villageois. La chapelle demeure propriété indivise des habitants de la Boissonnie.

Le curé de Champagnac disait une messe par an à la demande des Boissonniaux, à une date à leur convenance, généralement pour les communions solennelles, jusqu’au début du siècle tout au moins, puis ce fut une simple messe jusqu’à l’abandon de l’édifice qui, lentement, se dégradait.

LA CHAPELLE ET LA FONTAINE :

La chapelle fut bâtie au XVIII° siècle à proximité d’une « Bonne Fontaine » près de laquelle tous étaient allés en dévotion prier afin d’avoir l’eau du ciel qui venait à manquer et menaçait de ruiner les récoltes des habitants du village, suite à une très grande sécheresse.

La fontaine votive était réputée pour donner la pluie lorsqu’elle faisait défaut.

Ainsi, chapelle et fontaine furent consacrées à Saint Roch . La  statue du saint, abritée dans une niche de l’édifice, étaient amenée en procession à la « Bouno Fount » chaque fois que l’été se faisait trop sec.

LA FAÇADE :

La façade principale orientée Nord-Ouest présente une porte et une fenêtre entourées d’un appareil en granit chanfreiné.

1752 est l’année gravée sur le linteau de la porte et semble être la probable date de construction de l’ouvrage.

Au-dessus du linteau, une croix monolithe en granit sculpté était incrustée dans le mur. En 1996, cette croix a disparu.

La fenêtre est munie d’une grille en forgé et la pierre d’appui est un linteau de réemploi, malheureusement brisé.

A L’extérieur, à droite de la porte, subsiste encore la Pierre des Morts qui semble être issue d’un bloc en granit de réemploi, biseauté à sa base.

Des enterrements furent sûrement célébrés a la chapelle, d’autant que des témoignages font état de l’existence d’un cimetière sur la surface restante de la parcelle, côté Nord.

L’INTERIEUR :

A l’intérieur, un autel prend place, adossé sur le mur du fond orienté au levant. Il est toujours muni de sa dalle monolithe en granit.

Une croix est gravée sur l’enduit recouvrant la maçonnerie du socle.

Une niche comblée dans le mur se distingue au-dessus de l’autel, tandis qu’une autre, plus petite, est présente avec sa tablette dans le mur de gauche. Elle servait à abriter la statue de Saint-Roch.

LA CHARPENTE :

La toiture, aujourd’hui effondrée, était recouverte de lauzes de terre cuite, mais la  découverte de redents sur les remparts du pignon Sud-Est laisse supposer que la chapelle de la Boissonnie était à l’origine couverte en chaume.

Une petite cloche était suspendue sous l’auvent qui abritait l’entrée, elle aurait disparu vers les premières décennies du siècle.


LA DECOUVERTE

ARTICLE DE PRESSE DU SAMEDI 30 SEPTEMBRE 2000 sur LE POPULAIRE DU CENTRE

A la Boissonnie de Champagnac la Rivière, la Chapelle en fin de restauration avait gardé ses secrets. Les habitants les plus âgés du village avaient bien ouï dire qu’un prêtre avait été inhumé dans l’édifice et certains d’entre eux lors de labours dans les parcelles avaient vu quelques os sous leur soc de charrue. La déduction était logique : un cimetière avait sans doute existé là. Il y a bien longtemps. Il a donc été décidé de ne pratiquer qu’un dessouchage sur ce lopin de terres après l’avoir débarrassé du bois couché par la tempête de décembre dernier. Après avoir manié la hache et la tronçonneuse, les lapinos de l’association « Sur les Chemins de Champagnac » ont ouvert le chemin rural de la Boissonnie à Chandot, ce kilomètre constituant une partie de la quatrième boucle de randonnée : celle des escargots.

sépulture datant de la révolution

Pendant ce temps, Maurice, le maçon, aidé de son équipe, fignolait de superbes murs extérieurs à la Chapelle. Pour l’intérieur, un problème se posait. La pose de dalles de four en guise de sol s’avérait nécessaire, en particulier pour pallier aux problèmes d’entretien ultérieur. Mais pour l’exécution de ce travail par une entreprise, les finances étaient un peu justes par suite de surcoût sur les autres tranches du chantier de restauration. Donc de nouveau, les bénévoles ont retroussé leurs manches et, qui à la pelle, qui à la tranche, il a fallu nettoyer les déblais de la toiture et de la charpente précédentes. Il était indispensable de baisser le niveau du sol de 20 centimètres sous celui de la pierre de seuil

Plusieurs remorques de gravats plus tard, l’attention des terrassiers a été attirée par de petits tessons galbés mêlés aux décombres. Ce qui au départ ressemblait à des fragments de poterie s’est avéré après nettoyage, être des parties de boîte crânienne, sans que la provenance animale ou humaine ne puisse encore se définir.

Le lendemain, lors de la reprise des travaux, une zone d’ombre s’est dessinée sur le sol, le tuf s’y mêlait à de la terre végétale. Le décapage de quelques centimètres supplémentaires a fait apparaître un premier squelette, puis un second : il s’agissait donc d’une sépulture. Après avis médico-archéologique, une déclaration de découverte a été faite à la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et au Service Régional d’Archéologie. Une équipe de professionnels a dirigé une fouille du site durant une semaine et c’est ainsi que quinze sépultures contenant des ossements ont été mises au jour sur une vingtaine de mètres carrés. Cette découverte a stoppé l’achèvement du chantier, en effet un délai de quelques semaines est indispensable pour pratiquer les analyses des ossements. La parole est maintenant aux scientifiques avant le ré-ensevelissement de tous les ossements dans leur lieu d’inhumation primitif.

De nombreuses questions resteront sans doute sans réponse, mais les observations des anthropologues et des chimistes ou encore des biologistes éclaireront sans doute le passé du village et de ses habitants du temps jadis.

L’inauguration du « km 3 » et de la chapelle a néanmoins eu lieu dimanche 1er octobre.